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Prismes

Mercredi 18 avril 2007

  J'ai sans doute tord de me prendre ainsi parfois la tête avec des questions métaphysiques. Sans doute nombre d'entre elles sont hors de portée de la compréhension humaine.

  Je sais que je devrais plutôt me contenter de méditer, faute de mieux...

  Pour transmettre son enseignement - le Dharma - qui représente toute une vie de pratique pour les Bouddhistes, Siddharta Gautama  "se contenta" de faire tourner une fleur entre ses doigts. Mahakashyapa sourit, et le Bouddha compris qu'il avait compris. Ce fût une transmission "i shin den shin" comme disent les japonais : d'esprit à esprit, directement, sans paroles...

  Les discours sont parfois inutiles. On peut trouver un réconfort, un bien-être juste en écoutant la Nature, en oubliant de réfléchir, en se contentant d'Etre là, ici et maintenant, simplement assis à méditer ou à laisser le monde pénétrer en soi.

  Je crois sincèrement que nous avons tous la Nature du Bouddha en nous, et que, parfois, la poussière qui recouvre le miroir de notre esprit laisse apparaître un peu de son reflet...

par Dharma Shishya publié dans : Traits de Vie
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Mardi 17 avril 2007

J’étais surpris de voir autant de commentaires concernant mon dernier post ! Trois ça peut paraître peu, mais ça m’a troublé… Surtout, je ne pensais pas susciter une telle réaction comme celle d’Ambre. J’allais donc ajouter un commentaire… mais le bouleversement qui s’est opérée en moi est tel que j’en fais un nouvel article.

Je suis sincèrement désolé, Ambre, si mes propos t’ont "choqué". Ils sont sans doute maladroits, car ils n’ont pas réussi à retranscrire le fond de ma pensée. J’ai la naïveté de croire qu’une personne comme Marc a une idée de ce que je ressens, de ce que je recherche et quelle est la couleur de mon esprit (même si je suis encore loin de son épanouissement spirituel).

 

Etre c’est "chaud", "coloré", "étourdissant" ? Oui… mais pas toujours. Je ne suis pas un optimiste qui pense que la vie est belle, ni un pessimiste qui pense que la vie est triste. Je cherche la voie du milieu, où l’on accepte les choses telles qu’elles sont, et surtout leur impermanence.

 

Donc, oui, je pense que l’être est futile, éphémère… mais cela n’enlève en rien sa force intérieure et la beauté qu’il peut engendrer. C’est là sans doute un grand paradoxe de l’Homme ; il est capable du pire comme du meilleur durant sa courte vie.

 

Je ne cherche pas à dater la première pensée, c’était une façon de parler.

 

Je me mettais à la place d’une personne qui chercherait concrètement et par la logique à dater l’existence d’un être… pour prouver qu’on ne peut y parvenir. Et donc, si on ne peut dater le commencement de l’existence d’un être, c’est qu’il n’existe pas… relativement ! Car il ne faut pas tomber dans l’excès de "je suis" ni dans l’excès de "je ne suis pas".

 

L’accouchement est bien un "passage" (de l’utérus au monde "extérieur"). Je ne parlais pas ici de la vie intra-utérine qui a sans doute une influence sur la vie humaine (ça je ne le nie pas).

 

Le sommeil est une forme de comas pour moi, car nous "perdons conscience"

 

(d’une certaine façon) dans les deux cas. En tout cas je verrais ça comme cela tant que n’arriverais pas à me dire en dormant "tiens, je dors là !".

 

Nous ne sommes bien, alors, que de simples "machines biologiques" – qui respirent, rêvent, etc. certes – mais il n’y a rien de péjoratif là dedans.

Il ne faut pas dénigrer le côté "mécanique" et "grossier" de l’Homme, comme il ne faut pas aduler à l’extrême son esprit. Les deux ne sont peut-être que les faces d’une même réalité, comme la joie et la tristesse…

 

Je ne résume pas la vie à la conscience. Encore une fois, j’essayais simplement de démontrer que l’on peut ne mesurer, dater, quantifier, etc.

 

la conscience. Cela reste abstrait car la nature de la conscience c’est la vacuité (sunyata). Je m’avance ? C’est comme ça que j’ai compris le peu de choses que j’ai réussi à tirer des propos de Nagarjuna. En même temps, je ne m’y attache pas non plus…Mais je "ressens" une profonde vérité, difficile à traduire par des mots, car ces derniers amènent forcément les catégories (bien, mal, beau, moche) subjectives fabriquées par l’Homme pour ranger ses idées.

 

Je reste persuadé (à tord ?) que nous ne sommes plus celui que nous avons été, ni celui que nous serons. Nos cellules aurons changé, nos idées, nos objectifs, nos sentiments, etc. aussi. Tout change à chaque instant. Mais cette "dissolution" de l’être humain – je le répète – n’enlève en rien ses qualités.

 

"Dharma Shishya" signifie (pour moi) "disciple du Dharma".

par Dharma Shishya publié dans : Traits de Vie
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Lundi 16 avril 2007

Il est une question existentielle récurrente : " Qui sommes-nous ? "

 

Mais avant de se la poser, encore faut-il être capable de répondre à celle-ci : " Quand pourrions-nous être ? "

 

En effet, il est commun de penser que nous commençons à "être" à la naissance ; moment attribué au commencement de notre vie et qui nous permet un calcul de notre âge. Or, quand on y pense, la naissance consiste à "quitter un utérus" - c’est "juste" un passage en quelque sorte… On ne peut nier qu’avant l’accouchement l’être est déjà vivant… Alors ? On "est" aux premiers battements du cœur ? Quand le sang commence à circuler dans les veines ? Difficile à déterminer.

 

Certains opterons pour la conscience comme moyen d’être, pour écarter tout débat biologique sur l’identité de l’être. Pour eux "être c’est penser" (je pense donc je suis). Or, quand fût notre première pensée ? Quand avons-nous pris conscience de notre être ? A 2 ans ? 3 ans ? 7 ans ? Là aussi, difficile à déterminer. C’est sans doute tellement progressif que difficilement datable (surtout que nous sommes dans ce cas notre propre sujet d’étude !).

 

Mais admettons que par un phénomène incroyable on puisse dater la naissance de la conscience. Quand est-il de notre "être" quand nous dormons ? Notre "conscience", notre esprit critique, notre libre arbitre n’existent plus… Sommes-nous alors dans ces moments-là seulement des "machines biologiques", comme les animaux ? Idem quand nous sommes dans le comas, ou tout simplement ivres. Nous ne sommes alors plus. Tout cela laisse présager la futilité "d’être", et son impermanence.

 

Pour aller plus loin, nous pourrions dire que nous sommes plus celui que nous avons été (il y a 10 ans, deux semaines, hier, ou même il y a une minute), ni celui que nous serons. Que ce soit biologiquement (nos cellules se régénèrent chaque jour) ou mentalement (notre conscience évolue). C’est un peu le même principe que l’atome : il s’agit d’un noyau avec des électrons autour dont on peut que qu’estimer la présence à un instant T.

 

Notre conscience, notre esprit, c’est la Roue du Vide qui tourne très vite et qui donne l’illusion d’exister à part entière…

par Dharma Shishya publié dans : Réflexions
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Samedi 14 avril 2007

  Le temps est une notion inventée par l'Homme. Nagarjuna en réfute même l'existence.

  Dans le Zen, on parle du Satori (éveil) comme un éclair qui frappe le méditant.
  Il faut méditer ici et maintenant. Peut-être n'y a-t-il rien à saisir dans l'instant, mais peut-être que ce n'est pas là l'essentiel.

  J'ai remarqué, dans ma pratique des arts martiaux, que vouloir assimilier trop vite une technique amène souvent l'échec. Il faut ressentir ses gestes à chaque instant, ne pas se focaliser sur l'issue, mais se concentrer sur son action ici et maintenant.

  Oh, je suis loin d'être quelqu'un digne d'enseigner quoique ce soit à quiconque. Cependant, je "sens" que c'est important dans ma vie cette appréhension du temps...

  Le temps est peut-être le nom donné à l'impermanence...

par Dharma Shishya publié dans : Réflexions
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Mardi 3 avril 2007

  On a du mal à réaliser que tout est soumis à la loi de l'impermanence, que tout change...

  On a du mal à réaliser que, fondamentalement, toute chose à la même Nature (sunyata).

  Pourtant,
  ce morceau de charbon représente peut-être ce qu'il y a de plus noir et friable sur Terre.
  ce diamant représente peut-être ce qu'il y a de plus pur et solide sur Terre.

  Or le charbon comme le diamant sont tous deux composés de carbone, tout en restant diamétralement opposés dans nos esprits.

  Il y a eu TRANSFORMATION du charbon en diamant.

  Aussi "mauvais" que l'on puisse penser être, on peut transformer nos actes et nos pensées pour en faire des merveilles.

par Dharma Shishya publié dans : Réflexions
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